Histoire et territoire

Le Vercors, berceau de la race

 

La race de Villard-de-Lans a fait la richesse du Vercors jusqu'au tout début des années soixante, période à partir de laquelle on assiste à une spectaculaire chute des effectifs à cause de l'abandon de la traction animale, d'une prophylaxie active contre la tuberculose et la brucellose, et d'une politique locale de spécialisation des exploitations.
Dans les années soixante-dix ne subsistaient que quelques dizaines d'animaux de race pure. En 1976, à l'initiative de l'administration, furent entreprises des actions de conservation avec la collaboration d'une poignée des derniers éleveurs intéressés. La race fut ainsi sauvée ''in extremis''. Depuis cette date, de nouveaux éleveurs se sont succédés pour conserver cette race. C'est ce qui permet aujourd'hui d'admirer cette vache à robe de froment, véritable mémoire du patrimoine biologique, historique et culturel du Vercors.

 

 

L'origine du nom

 

La race Villard-de-Lans tire son nom du canton de Villard-de-Lans dans le Vercors dont elle est originaire. Par abréviation, on parlait de la "Villard". Aujourd'hui, un a été rajouté un "e" et on dit "la Villarde".
Les quatre Montagnes (Autrans, Méaudre, Lans en Vercors et Villard de lans) en constituent le berceau.

Le massif du Vercors est un vaste plateau calcaire à cheval sur les départements de l'Isère et de la Drôme constituant aujourd'hui le Parc Naturel Régional du Vercors.

La Villarde est très certainement apparentée aux anciennes races blondes que l’on trouvait au XIX °siècle répandues dans tout le Sud-Est et la Franche-Comté et qui ont disparu depuis : l’Albanaise (Haute Savoie), la Bressane (Ain, Rhône) et la race du Haut Bugey (Ain), la Femeline (Côte d’Or, Doubs, Jura, Haute Saône) et enfin la Mézine (Ardèche, Haute Loire). C’est donc le dernier témoin de cette vaste et importante population blonde dont on a perdu par ailleurs le souvenir.

 

La station d'élevage

La station d’élevage de la race Villard de lans est fondée en 1875 par César Hippolyte Bévière, vétérinaire à Grenoble, dans l’objectif d’améliorer et de perfectionner la race.


La station organise alors des concours, diffuse la culture scientifique et technique, valorise des activités complémentaires en amont (champs d’expérimentation pour tester et diffuser les innovations) et en aval (primes et médailles pour le beurre et le fromage) et encourage toutes les initiatives de productions nouvelles.


La station d’élevage fût donc le pivot essentiel de l'amélioration et de la promotion de la VILLARD DE LANS.

 

Villarde

 

Localisation Villarde

Les grandes dates

1832 : Monsieur CROS, vétérinaire, signale l’existence d’une race bovine dans le canton de Villard de Lans.



1864 : Une commission d’experts animée par le Professeur TISSERANT de Lyon après avoir examiné plus d’un millier d’animaux conclut que l’on est bien en présence d’une vrai race propre à la région "de Villard de Lans’’. La même année, 153 animaux sont présentés au concours régional de Grenoble.



1875 : Création de la station d’élevage de la race de Villard de Lans par le vétérinaire César BEVIERE.



1900-1939 : Participation régulière au Concours Général Agricole de Paris.



1946 : La race est rayée du catalogue des races bovines françaises.



1960-1975 : L’effectif tombe à quelques dizaines de vaches.



1976 : Mise en place des premières mesures de conservation de la race (Ministère de l’Agriculture).



1977 : La semence de trois taureaux est collectée par le Centre d'Insémintation Artificielle (CIA) de Bel Air (Rhône).



1978 : Naissance des premiers veaux issus d’insémination animale.



1991 : Retour de la race au Concours Général Agricole de Paris.



1998 : Obtention de l'appelation d'Origine Controlée (AOC) pour le fromage "Bleu du Vercors Sassenage" avec 3 races de vaches laitières dont la Villard de lans.



2007 : 350 femelles chez 55 propriétaires.